Quand on compare PrestaShop et Shopify, on tombe souvent sur des raccourcis un peu trop rapides. Shopify serait “plus simple”. PrestaShop serait “plus technique”. Ce n’est pas faux, mais ce n’est pas suffisant pour faire un vrai choix.
La comparaison la plus parlante, à mon sens, c’est celle-ci : Shopify ressemble à une voiture en LLD. PrestaShop ressemble davantage à une voiture qu’on achète.
L’image n’est pas parfaite, mais elle aide à comprendre l’essentiel. D’un côté, Shopify fournit une plateforme hébergée, un cadre déjà prêt, un abonnement, un écosystème de thèmes et d’apps, et une grande partie de l’infrastructure est gérée par Shopify. De l’autre, PrestaShop est une solution e-commerce open source, librement téléchargeable, modifiable et installable sur l’hébergement de son choix.
Shopify, c’est le confort d’un cadre déjà en place
Avec une voiture en LLD, tu paies pour rouler dans un cadre déjà organisé. Tu ne choisis pas tout, mais tu gagnes en simplicité. Shopify fonctionne souvent sur cette logique.
Tu ouvres une boutique, tu choisis un plan, tu bénéficies d’un environnement déjà structuré, avec l’hébergement, l’administration, le checkout, les thèmes, les apps et une grande partie de l’écosystème déjà prêts. Shopify facture d’ailleurs ses boutiques sur une logique d’abonnement récurrent, avec des plans comme Basic, Grow, Advanced et Plus.
Pour beaucoup de marchands, c’est un vrai avantage. Quand le besoin principal est de lancer vite, de garder une administration simple et d’éviter la complexité technique au départ, Shopify est souvent plus confortable.
PrestaShop, c’est plus proche d’un achat
Avec une voiture achetée, tu as plus de liberté. Tu choisis ton garagiste, tu décides des modifications, tu peux changer certains éléments plus librement, et tu n’es pas dépendant d’un contrat de plateforme unique.
PrestaShop se rapproche davantage de cette logique. Le projet open source est librement téléchargeable, modifiable et utilisable. Tu choisis ton hébergement, ton thème, tes modules, ton prestataire, ton niveau de personnalisation et ton architecture technique.
Évidemment, cette liberté a une contrepartie : il faut gérer ou faire gérer plus de choses. Hébergement, maintenance, sécurité, compatibilité des modules, qualité du thème, mises à jour : tout cela demande plus d’implication. Mais en échange, tu gardes une marge de manœuvre beaucoup plus importante.
Est-on vraiment propriétaire d’une boutique Shopify ?
C’est une question importante, et il faut être précis.
Avec Shopify, tu es propriétaire de ton activité, de ton nom de domaine si tu l’as enregistré ou transféré à ton nom, et tu peux exporter certaines données comme les produits, les clients ou les commandes. En revanche, tu n’es pas propriétaire du moteur Shopify ni de l’infrastructure qui fait tourner la boutique. Tu utilises une plateforme qui appartient à Shopify, selon ses conditions et son écosystème.
C’est là que la comparaison avec la LLD tient bien. Tu exploites un outil puissant, pratique, bien encadré, mais tu ne possèdes pas le véhicule au sens d’un logiciel open source installé sur ton propre environnement.
Avec PrestaShop, la logique est différente. Le logiciel open source est librement téléchargeable et modifiable. Cela ne veut pas dire qu’un projet PrestaShop ne coûte rien, mais cela veut dire que le socle n’appartient pas à une plateforme que tu loues mois après mois.
Shopify est-il rempli d’abonnements ?
Très souvent, oui.
Le premier abonnement, c’est évidemment le plan Shopify lui-même. Mais dans beaucoup de projets, ce n’est qu’une partie du coût. Shopify fonctionne aussi avec un écosystème d’apps qui peuvent être facturées en paiement unique, en abonnement récurrent ou à l’usage.
Cela veut dire qu’une boutique Shopify finit souvent par additionner plusieurs briques payantes : avis clients, bundles, upsell, filtres avancés, traduction, abonnements, B2B, marketing, synchronisation, etc. Chaque app prise isolément peut sembler raisonnable, mais le total mensuel peut vite monter.
Même logique côté design. Shopify propose des thèmes gratuits, mais aussi des thèmes payants. Et surtout, un thème acheté est licencié pour une boutique donnée. Ce n’est pas un thème que tu acquiers comme un actif totalement libre de réutilisation.
Donc oui, Shopify peut devenir un empilement d’abonnements et de frais récurrents si la boutique s’enrichit avec le temps.
Combien Shopify peut réellement coûter sur chaque vente ?
La vraie question n’est pas seulement de savoir si Shopify “prend un pourcentage du chiffre d’affaires”. La vraie question, c’est plutôt : combien coûte réellement une commande une fois qu’on additionne tout.
Si tu utilises Shopify Payments, tu n’as pas de frais de transaction tiers sur les ventes traitées par Shopify Payments, Shop Pay ou PayPal Express. En revanche, tu paies bien les frais de traitement carte. En France, Shopify affiche pour les paiements en ligne une fourchette de 1,9 % à 2,4 % + 0,25 € par transaction, selon le plan, ainsi qu’un supplément de 2 % en cas de conversion de devise.
Concrètement, sur une commande à 100 €, la partie paiement représente déjà environ 2,15 € à 2,65 €, simplement pour le traitement carte. Si tu ajoutes une conversion de devise, cela fait encore 2 € de plus sur ce même panier. À partir d’un certain volume, ce n’est plus un détail.
Si tu n’utilises pas Shopify Payments, Shopify ajoute des frais de transaction tiers : 2 % sur Basic, 1 % sur Grow et 0,6 % sur Advanced.
Autrement dit, dans ce scénario, tu paies :
- ton abonnement Shopify ;
- les frais de ton prestataire de paiement ;
- et un pourcentage supplémentaire à Shopify.
Le vrai sujet, c’est que le modèle Shopify additionne abonnement + frais variables sur les paiements + éventuels frais de transaction tiers + apps + parfois thème payant. Et plus la boutique grossit, plus cette mécanique devient visible dans la marge.
Shopify peut-il augmenter ses tarifs ?
Oui.
Les conditions d’utilisation Shopify prévoient qu’ils peuvent modifier leurs frais de service, avec un préavis de 30 jours. Les conditions de Shopify Payments France prévoient également la possibilité de modifier les frais, avec le même principe de préavis.
Les tarifs ne sont pas figés. Ce n’est pas une inquiétude théorique, c’est un point prévu contractuellement.
Il y a aussi un autre détail : quand un plan évolue ou qu’une ancienne offre disparaît, on ne peut pas forcément revenir à une formule historique supprimée. Cela renforce la logique de plateforme sur laquelle tu t’adaptes au cadre défini par l’éditeur.
Peut-on finir par se sentir bloqué chez Shopify ?
Oui, dans une certaine mesure.
Pas parce qu’il serait impossible de quitter Shopify. Tu peux exporter une partie importante de tes données, et Shopify documente la migration de produits, commandes et clients. Mais certaines données ne peuvent pas être migrées simplement via CSV.
En pratique, plus une boutique dépend :
- de ses apps ;
- de son thème ;
- de réglages spécifiques ;
- d’un fonctionnement organisé autour de l’écosystème Shopify ;
plus le coût de sortie devient réel.
C’est exactement ce qui se passe avec une voiture en LLD quand tu as pris des options, structuré ton usage autour du contrat, et que tout ton confort dépend déjà du cadre choisi. Partir reste possible, mais ce n’est plus neutre.
Et PrestaShop dans tout ça ?
PrestaShop n’est pas “gratuit” au sens où un projet ne coûterait rien. Il faut prévoir l’hébergement, parfois un thème, des modules, du développement, de la maintenance ou de l’accompagnement.
Mais la logique économique n’est pas la même. Avec PrestaShop, tu ne loues pas une plateforme centrale avec son propre écosystème propriétaire. Tu construis un site sur un logiciel open source, avec davantage de liberté pour choisir ton hébergeur, tes prestataires, ton niveau de personnalisation et ton rythme d’évolution.
C’est souvent ce qui rend PrestaShop plus intéressant dès qu’un projet sort du cadre standard, ou qu’il faut développer des règles métier, des modules spécifiques, des connecteurs ou un front vraiment personnalisé.
Alors, lequel choisir ?
Je recommanderais plutôt Shopify si tu veux :
- aller vite ;
- garder une administration simple ;
- t’appuyer sur une solution hébergée ;
- limiter la charge technique au départ ;
- rester dans un cadre relativement standard.
Je recommanderais plutôt PrestaShop si tu veux :
- garder davantage la main sur la boutique ;
- personnaliser fortement le fonctionnement ;
- développer des besoins métier spécifiques ;
- choisir librement ton environnement technique ;
- construire un actif plus indépendant.
Conclusion
La comparaison LLD vs achat n’est pas parfaite, mais elle permet de poser le vrai sujet.
Shopify, c’est une plateforme confortable, centralisée, rapide à lancer, mais qui fonctionne sur une logique d’abonnement, de frais variables et de dépendance progressive à son écosystème.
PrestaShop, c’est plus de liberté, plus de responsabilité aussi, mais une logique beaucoup plus proche d’un actif que tu maîtrises réellement.
En résumé : Shopify, c’est louer un cadre performant. PrestaShop, c’est construire un outil que tu maîtrises davantage.
Et dans beaucoup de projets e-commerce, c’est cette différence-là qui compte le plus.
Vous hésitez entre PrestaShop et Shopify pour votre projet ? Décrivez-moi votre besoin, je vous donnerai un retour honnête selon votre contexte.